La chenille processionnaire et le chien fureteur…

Les médias nous avertissent depuis quelques jours : les chenilles processionnaires font leur retour en Belgique, et pourraient bien être en nombre cette année suite à l’hiver doux que nous avons eu, si les conditions climatiques restent sèches et chaudes.  Autour d’Anvers, certaines seraient même déjà au stade urticant (normalement, trois mues sont nécessaires au préalable et le plus gros des colonies arrive à ce stade aux mois de mai ou juin).  C’est donc l’occasion de vous mettre en garde, aussi pour vos animaux domestiques. En Belgique, elles se retrouvent principalement dans les provinces d’Anvers, du Limbourg et du Brabant flamand.  Elles ont cependant déjà fait des incursions dans le Nord de Bruxelles, notamment.

Les chenilles processionnaires du chêne sont, comme toutes les chenilles, un stade du développement d’un papillon (Thaumetopoea processionea).  Elles se rassemblent en nids, quasi exclusivement dans les chênes, d’où leur nom – leurs cousines les chenilles processionnaires du pin étant cantonnées plutôt au Sud de l’Europe.  Elles en sortent pour se nourrir du feuillage surtout durant la nuit, généralement en procession.  Elles sont grises avec une bande plus sombre sur le dos, et couvertes de longs poils souples. Mais leur caractéristique qui nous occupe ici est la présence sur leur corps de tout petits poils rigides (0,2-0,3mm) porteurs d’une toxine qui est urticante et même allergisante pour l’homme et les mammifères domestiques, poils qu’elles peuvent libérer en très grand nombre si elles sont dérangées.

Chenilles processionnaires (photo : Nicolas Meurisse pour Bruxelles Environnement)

Chenilles processionnaires (photo : Nicolas Meurisse pour Bruxelles Environnement)

Ces poils, s’ils arrivent au contact de la peau de votre chien, en particulier là où son poil est court ou absent (museau), vont provoquer des lésions inflammatoires locales plus ou moins sévères. S’ils touchent la conjonctive, un gonflement et des écoulements oculaires seront rapidement observés.  Mais ces poils peuvent également être inhalés ou ingérés, en particulier par un chien un peu trop curieux, et provoquer alors des symptômes encore plus graves : éternuements, difficultés respiratoires, salivation, gonflement de la langue, difficultés à avaler, vomissements…

La meilleure option consiste à éviter autant que possible le contact de votre animal domestique avec ces chenilles.  Le chien fureteur, qui aime explorer son environnement de toutes les manières possibles (odorat et goût!) est particulièrement exposé.  Si vous vous promenez avec lui dans des zones à risques, en présence de chênes – surtout isolés ou le long d’une rangée bien exposée au soleil – ou au moindre doute sur la présence d’un nid, ne laissez pas votre chien courir sans laisse !  Prenez garde à ce qu’il renifle sur le sol, et naturellement sur les troncs des arbres, en particulier si vous vous promenez en fin de journée (même et surtout s’il fait sombre!).  Et si vous repérez un nid, prévenez les autorités (commune, pompiers) afin qu’elles puissent prendre rapidement des mesures.

Chenilles processionnaires : nid

Chenilles processionnaires : nid

Si jamais votre chien a malheureusement été en contact avec ces poils urticants, le mieux à faire est de contacter rapidement votre vétérinaire.  Celui-ci fera un examen complet pour déterminer les zones touchées, et un traitement adapté à la situation.  En attendant, vous pouvez éventuellement rincer abondamment votre animal, et potentiellement le brosser délicatement en surface pour le débarrasser au maximum des poils urticants, mais en tenant compte du fait que tout frottement de ceux-ci contre la peau peut aggraver la situation !

Munis de cette précaution utile, nous vous souhaitons néanmoins d’excellentes promenades et un printemps ensoleillé !

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