Le variant de la maladie hémorragique virale du lapin (ou RHDV2).

(Histoire triste inside.)

La maladie hémorragique virale (ou RHD, pour rabbit haemorrhagic disease) est une maladie extrêmement grave, qui peut toucher tous les lapins sauvages ou domestiques de nos régions.  Elle est causée par un calicivirus, très résistant dans le milieu extérieur lorsque les conditions lui sont favorables, ce qui permet sa transmission par contact indirect.  Il est excrété dans les sécrétions d’un lapin malade (urinaires, fécales, respiratoires).  Transmis par contact direct entre lapins, il peut aussi être transporté sur des fourrages, des objets, voire le propriétaire, transmis par des moustiques, des mouches, ou même d’autres animaux qui n’en sont pas malades mais servent de vecteurs mécaniques.  Une fois le lapin contaminé, après une courte période d’incubation, la maladie va provoquer des hémorragies dans différents organes comme le foie et les poumons, entraînant le plus souvent une mort rapide.  Il n’existe aucun traitement efficace contre le virus.  C’est pourquoi la prévention par la vaccination est très importante.  Depuis quelques années, nous disposons au cabinet de vaccins qui offrent une immunité d’une durée d’un an contre la myxomatose et la maladie hémorragique virale classique.  (Plus d’informations ici.)

Il y a deux ans pourtant, durant l’été 2016, se sont déroulés des évènements de ceux qu’un praticien n’oublie pas.  A la fin du mois de juillet, une cliente attentive m’a amené l’un de ses cinq lapins, plutôt mal en point.  Tous ses lapins, d’une même famille, étaient vaccinés régulièrement et stérilisés.  Les traitements de soutien n’y ont rien fait, il est décédé en quelques heures.  L’autopsie a montré un foie très abîmé et quelques lésions pulmonaires. Dans les jours suivants, deux autres de ses lapins sont décédés subitement.  L’un d’eux était même occupé à manger du foin lorsqu’il s’est effondré, sous les yeux de sa propriétaire médusée.  Cette fois, je n’ai détecté à l’autopsie que des hémorragies multiples dans les poumons.  Le temps de recevoir les résultats des analyses complémentaires, et en l’espace d’une semaine, nous avons perdu toute la famille. :(   L’anatomo-pathologie et une autopsie supplémentaire effectuée à l’Université de Liège ont confirmé le diagnostic : ils avaient succombé des suites d’une maladie hémorragique virale.  Entretemps, au début du mois d’août, l’AFSCA communiquait auprès des vétérinaires : un variant de cette maladie était occupé à se répandre en Belgique sous forme d’épidémie. Une analyse (PCR) effectuée sur les prélèvements a ensuite confirmé que le virus coupable de cette triste histoire était bien le variant 2 de la maladie hémorragique virale. 

Résultats - extrait

Le RHDV2 a été identifié pour la première fois en France en 2010. Il s’agit d’un virus assez semblable au virus original, mais qui causerait un taux de mortalité moins élevé et susceptible de toucher des lapereaux plus jeunes.  Et surtout suffisamment différent pour que les vaccins habituellement utilisés en Belgique contre la RHD classique n’offrent que peu ou pas d’immunité contre cette « nouvelle » maladie. :(  

Il n’existait et n’existe d’ailleurs toujours pas de vaccin spécifique à ce variant commercialisé en Belgique.  En revanche, un vaccin a été développé et peut être importé depuis la France.  Malgré quelques difficultés en cette période d’épidémie où il était peu disponible, j’ai finalement pu me procurer ce précieux sésame, afin de protéger au plus vite mes petits patients.  Il fait aujourd’hui partie intégrante du protocole destiné à tout lapin que leur propriétaire voudra faire immuniser efficacement contre des maladies virales mortelles qui sont encore bien présentes en Belgique.  Malheureusement, il n’est pas forcément compatible avec l’autre vaccin recommandé, et le conseil est donné donc d’espacer d’au moins deux semaines les deux visites vaccinales de votre compagnon à quatre pattes.

Pour une prévention optimale, pensez donc à faire vacciner votre lapin contre la myxomatose, la maladie hémorragique virale classique, et le variant de la maladie hémorragique virale.  La stérilisation est un autre facteur protecteur pour sa santé.  Parlez-en avec votre vétérinaire.

En mémoire de Nocciolina, Cioccolatino, Snow White, Musetto et Lea.

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